Poésies sur les saisons

Pour fêter l’arrivée du printemps, voici quelques poésies sur les saisons accompagnées d’illustrations.

Voici que la saison décline

Voici que la saison décline,
L’ombre grandit, l’azur décroît,
Le vent fraîchit sur la colline,
L’oiseau frissonne, l’herbe a froid.

Août contre septembre lutte ;
L’océan n’a plus d’alcyon ;
Chaque jour perd une minute,
Chaque aurore pleure un rayon.

La mouche, comme prise au piège,
Est immobile à mon plafond ;
Et comme un blanc flocon de neige,
Petit à petit, l’été fond.

Victor Hugo

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Soir d’automne

Dans les forêts dépouillées,
Déjà les feuilles rouillées 
Font un tapis de velours,
Et l’on entend, de l’automne 
Gémir le chant monotone 
Coupé par des sanglots lourds.

Les frileuses hirondelles, 
Rasant le sol de coups d’ailes, 
Se rassemblent à grands cris, 
Et tous les oiseaux sauvages 
S’appellent sur les rivages 
Près des étangs défleuris.

Jean Richepin

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Le réveil des vacances

Je me disais : il est sept heures du matin.
Ce sera tout un jour à courir dans le thym,
Près du merisier rose et près de la cigale.
Tout un jour à goûter la feuille et le pétale.
A poursuivre la joie autour des rosiers ronds,
A danser dans l’azur avec les moucherons.

Anna de Noailles

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Rencontre avec le printemps

Ce matin
Au détour du chemin
Je rencontrai le Printemps.
Vêtu comme un marquis, il avait mis
Des fleurs à son chapeau
Des fleurs à son manteau
Et même sur son dos.

Les unes blanches semées de rouge
D’autres mauves
Et d’autres rouges et d’autres bleues.
Quelle joie c’était pour mes yeux!

Et je lui dis  » Tu es merveilleux »
Et il me regardait
Et il riait, et il riait !
Et ses yeux étaient comme deux fleurs de lumière

Parmi toutes ces fleurs printanières.
Et il a ainsi parcouru le monde
Pimpant, joyeux et tout fleuri
Et le monde entier lui a souri.

Henriette AMMEUX-ROUBINET

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A la rencontre du printemps

Cheveux au vent
Tambour battant,
Allons-nous-en,
À la rencontre du printemps.

Des arbres, des toits, des auvents,
Il pleut des milliers d’hirondelles.
Le soleil verse sur les champs,
De pleins paniers de fleurs nouvelles.

Cheveux au vent,
Tambour battant,
Allons-nous-en,
À la rencontre du printemps.

Prenons nos trompettes gaiement
Et sonnons la mort de l’hiver.
La terre est comme un agneau blanc
Dans les bras nus de l’univers.

Cheveux au vent,
Tambour battant,
Allons-nous-en,
À la rencontre du printemps.

Maurice Carême

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Le printemps

Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie, 
Et s’est vêtu de broderie, 
De soleil luisant, clair et beau.
Il n’y a bête ni oiseau,
Qu’en son jargon ne chante ou crie : 
 » Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie. »

Rivière, fontaine et ruisseau 
Portent, en livrée jolie, 
Gouttes d’argent, d’orfèvrerie ; 
Chacun s’habille de nouveau :
Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie.

Charles d’Orléans

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Pluie d’été

Que la soirée est fraîche et douce !  
Oh ! viens ! il a plu ce matin ;  
Les humides tapis de mousse  
Verdissent tes pieds de satin.  
L’oiseau vole sous les feuillées,  
Secouant ses ailes mouillées ;  
Pauvre oiseau que le ciel bénit !  
Il écoute le vent bruire,  
Chante, et voit des gouttes d’eau luire,  
Comme des perles, dans son nid. 

Victor Hugo

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Une journée de printemps

La journée était charmante. C’était l’un de ces jours printaniers où Mai se dépense tout entier.

Les premiers papillons se posaient sur les premières roses. Tout était neuf, dans la nature, les herbes, les mousses, les feuilles, les parfums, les rayons.

Les cailloux étaient lavés de frais.

La profonde chanson des arbres était chantée par les oiseaux nés d’hier. Il est probable que leur coquille d’œuf cassée par leur petit bec était encore dans le nid.

Des ailes bruissaient dans le tremblement des branches. Ils chantaient leur premier chant, ils volaient leur premier vol.

Une très jolie lentille d’eau couvrait les mares d’une nappe d’émeraude.

Les bergeronnettes s’y baignaient.

Victor Hugo

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L’hiver et l’été

Hiver, vous n’êtes qu’un vilain,
Été est plaisant et gentil,
En témoin de Mai et d’Avril
Qui l’accompagnent soir et matin.

Été revêt champs, bois et fleurs,
De sa livrée de verdure
Et de maintes autres couleurs
Par l’ordonnance de Nature.

Mais vous, Hiver, trop êtes plein
De neige, vent, pluie et grésil ;
On vous doit bannir en exil.
Sans point flatter, je parle plain :
Hiver, vous n’êtes qu’un vilain.

Charles d’Orléans

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Une histoire à suivre

Après tout ce blanc vient le vert,
Le printemps vient après l’hiver.
Après le grand froid le soleil,
Après la neige vient le nid,
Après le noir vient le réveil,
L’histoire n’est jamais finie.
Après tout ce blanc vient le vert,
Le printemps vient après l’hiver,
Et après la pluie le beau temps.

Claude Roy

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FEUILLE ROUSSE FEUILLE FOLLE

Feuille rousse, feuille folle
Tourne, tourne, tourne et vole !
Tu voltiges au vent léger
Comme un oiseau apeuré.
Feuille rousse, feuille folle !
Sur le chemin de l’école,
J’ai rempli tout mon panier
Des jolies feuilles du sentier.
Feuille rousse, feuille folle !
Dans le vent qui vole, vole,
J’ai cueilli pour mon cahier
La feuille rousse qui dansait.

Luce Fillol

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Les petits flocons

Cette nuit
Sans bruit
Les petits flocons
Se sont enfuis
Comme des oisillons
Hors de leur nid …
Cette nuit
Sans bruit
Les petits flocons
Ont butiné
Comme des papillons
Dans le verger.
Cette nuit
Sans bruit
Les petits flocons
Se sont ouverts
Comme de fins bourgeons,
Fleurs de l’hiver.

Albert ATZENWILER

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Bonhomme de bois et bonhomme de neige

C’était un bonhomme de bois
Qui aimait la neige
C’était un bonhomme de neige
Qui aimait les bois
Ils ne se rencontraient pas
Sauf par temps de neige
Hélas, hélas trois fois
Mais ne se parlaient pas.

Refrain :
Que faire au fond des bois
Quand tombe la neige ?
Mystère et jambe de bois
Vous n’le saurez pas.

Pourtant le bonhomme de bois
Qui aimait la neige
Pourtant le bonhomme de neige
Qui aimait les bois
Auraient voulu je crois
Parler de la neige
Hélas, hélas trois fois
Ça n’se pouvait pas.

Comme le bonhomme de bois
Nous aimons la neige
Comme le bonhomme de neige
Nous aimons les bois
On ne craint pas le froid
Ni les boules de neige
Tant mieux, tant mieux trois fois
Si c’est notre joie.

Jean NATY-BOYER

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